Ma vie d’éponge émotionnelle

Pour ce nouvel article humeur j’avais envie de vous parler de quelque chose que je me traine depuis quelques temps déjà et dont je n’arrive pas vraiment à me défaire…mais il est temps d’essayer.

Vous avez peut-être déjà entendu quelqu’un vous dire « Je suis une véritable éponge ». Concrètement, ça veut dire quoi ? Depuis quelques années déjà, je me suis rendue compte que j’étais plus affectée par les émotions des autres que par certains évènements qui surviennent dans ma vie.

Au début c’est subtil, je crois que ça commençait simplement avec des « montées de joie » quand je voyais quelqu’un à la télévision gagner un jeu et être extrêmement heureux par exemple. J’avais les larmes aux yeux et je me sentais bête. Je n’enviais pas la personne que je voyais à l’écran, j’étais juste contente et je partageais sa joie d’une certaine manière. Et puis, au fil du temps, ce ne sont plus les moments de joie que j’ai commencé à « absorber », ce sont les pires moments. Je pense que j’aurais dû m’y intéresser quand ça a commencé, que j’avais envie de pleurer parce que quelqu’un autour de moi était mal, que j’avais le ventre noué ou la nausée. J’aurais dû me dire « Ce n’est pas normal d’être comme ça ! ». En fait je prenais ce sentiment comme un soutien de la personne mal devant moi plutôt que de l’hyper-empathie. Pour des choses qui ne me concernaient pas j’ai commencé à me mettre dans des états pas possibles…inimaginables dans la mesure où ça ne devait pas me toucher, du moins pas autant.

Quand on est ado on passe facilement d’une humeur à l’autre mais on est surtout centré sur soi, les gens autour importent peu, sans compter toutes les complexités de l’adolescence. Mon hyper-empathie est totalement l’inverse. Je me sens connectée aux gens en permanence, ce qui veut dire que si vous me présentez une personne malade je vais peut-être avoir les mêmes douleurs physiques (pas forcément réelles…j’avoue que je me pose encore la question…c’est troublant) et deux minutes après si je me retrouve devant une personne joyeuse alors tout me semblera aller pour le mieux. Des montagnes russes H24, avec des gens que je connais et d’autres que je ne connais presque pas.

J’en suis venue à me poser beaucoup, beaucoup de questions parce que ça me rongeait. Avoir les douleurs d’une infection à l’oreille parce que mon amoureux en a une, avoir mal à la jambe parce que ma maman a mal, stresser pour des situations qui ne me concerne pas…à la longue c’est lourd et surtout : ce n’est pas moi tout ça. Je ne suis pas malade, je n’ai aucune raison d’avoir mal nul part, aucune raison d’être stressée, ce sont les gens autour de moi qui vivent ça, et ce sont des ressentis, des émotions qui ne sont absolument pas à moi. Et les gens n’ont pas demandé à avoir une hyper-empathique en face d’eux, je ne suis pas certaine que ça fasse du bien à qui que ce soit.
Je cherche encore comment me « soigner », et ce qui me semble le plus simple pour le moment, c’est de me rendre imperméable, au bonheur comme au malheur, à partir du moment où ça ne me concerne pas. Il faut que je me recentre sur les évènements qui me touchent directement et que je sache faire la part des choses. C’est difficile d’écrire ça parce que c’est devenu presque vital cette envie d’aider mes proches qui ne vont pas bien mais il est évident que je ne sais pas aider, j’absorbe simplement. Quelque part, ce fonctionnement m’oblige aussi à m’isoler…mais quand j’aurais bien ancré dans ma tête que chacun à ses propres émotions, que j’ai les miennes et que c’est uniquement celles-ci qui comptent, alors j’aurais déjà bien avancé. Et un jour, j’espère, je saurai aimer, aider, soutenir, sans absorber des peines et des douleurs qui ne m’appartiennent pas.

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12 thoughts on “Ma vie d’éponge émotionnelle

  1. Moi c’est beaucoup moins important. J’ai une empathie sur-dimensionnée mais uniquement pour le négatif. Je suis triste quand les gens ne vont pas bien, souffrent…. Je souffre avec eux. Par contre pour les joies, non ! Bien sûr je me réjouis pour eux, mais c’est très différent. Et heureusement, je ne prends pas les douleurs physique, c’est toujours ça de gagné !
    J’essaie aussi de travailler là dessus car j’ai assez de mes propres émotions négatives (qui sont normales et font partie de la vie) pour ne pas prendre celles des autres !
    Allez, on va y arriver !

    1. Merci d’avoir partagé ton « expérience » et je te souhaite bon courage pour arriver, toi aussi, à te débarrasser ou du moins à contrôler, ton hyper-empathie 🙂

  2. Je suis un peu comme toi mais pas à ce point. La tristesse, la colère et l’inquiétude des autres me touchent énormément.
    J’ai un côté éponge mais je ne ressens jamais de symptômes physiques. Je suis peut-être juste trop émotive ^^

    1. Parfois on pense juste que c’est une question d’émotivité…mais si l’inquiétude des autres te touchent alors ça va sans doute déjà plus loin que ça. On a tendance à trop se dire que « ce n’est rien ». Ne te laisse pas avoir 🙁

  3. Je connais bien ça aussi. Peut-être pas au point d’avoir une douleur physique, mais je me laisse emporter un peu trop. Par exemple je me surprends beaucoup à me mettre à pleurer en voyant qqchose de touchant à la télé… Et pourtant c’est à la télé, ce n’est en aucun cas mes proches. c’est assez troublant parfois. Et je ne ressentais pas cela avant, ça ne fait que 1 ou 2 ans. J’en viens même à ne plus regarder les informations à la télé car ça me plombe totalement le moral, ça me touche trop. Je me sens parfois bête à pleurer plus que la personne qui souffre parfois. Mais ça marche aussi pour le positif. Des fois je trouve qqchose tellement génial que ça m’émeu… Je pense que l’on peut apprendre à le gérer mais que ça prend du temps. Courage à toi ! 🙂

    1. Merci d’avoir partager ce que tu ressentais toi aussi 🙂 Ca fait du bien de ne pas se sentir seule et de lire des commentaires de personnes qui peuvent totalement comprendre 🙂 Courage à toi également Justine !

  4. Je suis aussi une vraie éponge ! ^^ Le comprendre et le réaliser déjà est super important pour pouvoir ensuite mieux le gérer. Personnellement, je sais que la fatigue est un énorme facteur également dans les gestion de mes émotions, plus je suis fatigué plus je serai hyper sensible. Du coup, faire attention à se respecter et à ne pas pousser est hyper important, et puis bien sûr bien manger et bien dormir. Dernier point, la méditation et les exercices de respiration, de même il s’agit de 2 exercices qui me permettent de mieux gérer !

    1. Merci pour ces conseils Aurore ! Je n’ai jamais tenté de pratiquer la méditation ou les exercices de respiration mais pour le coup ça me tente bien si ça peut m’apprendre à mieux gérer l’hyper-empathie 🙂

      1. Si tu comprends bien l’anglais, il y a l’application Headspace qui est super !

        1. Merci pour le tuyau ! Je vais y jeter un coup d’oeil !

  5. Ma grand-mère a cette même hypersensibilité et a du mal à la gérer. On le voit au quotidien, on a beau lui dire « tu ne connais pas cette personne plus que ça », n’empêche qu’elle ne peut pas s’en empêcher…
    Ca a dû te faire du bien de poser ce « mal » sur des mots même si j’imagine bien que cela ne doit pas être facile comme situation… Courage ma belle et penses à ton mariage, ce moment de bonheur rien qu’à vous 😉

    1. Merci pour ton commentaire, c’est encore différente d’avoir le ressenti de quelqu’un qui connait l’hyper-empathie via une autre personne…car je n’ai jamais eu de vrai retour sur ce que les gens autour de moi peuvent ressentir.
      Pleins de bisous <3

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